Par philmouss, à 05:13 le 30/09/2008.
Le Capitalisme total
un article plutôt visionnaire initialement publié sur le blog en mai 2007.
"Je suis comme les sismologues, je pense qu'il y a une faille dans le système. La crise de 29 qui n'a pas été prévue à l'époque pourrait se reproduire..."
Le capitalisme moderne est organisé comme une gigantesque société anonyme. A la base, 300 millions d’actionnaires contrôlent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale, et confient la moitié de leurs avoirs à quelques dizaines de milliers de gestionnaires dont le seul but est d’enrichir leurs mandants. Les techniques pour y parvenir s’appuient sur les règles du « gouvernement d’entreprise » et conduisent à des exigences de rentabilité excessives. Elles transforment les chefs d’entreprise en esclaves dorés des actionnaires, et polluent de pure cupidité la légitime volonté d’entreprendre. Ainsi le capitalisme est devenu « total » : il règne sans partage ni contre-pouvoir sur le monde et ses richesses.
Un ouvrage de Jean Peyrelevade, présenté par l'auteur, une vidéo à écouter d'urgence pour comprendre l'évolution historique du capitalisme, ses dérives et ses menaces actuelles:

Pour l'auteur, le capitalisme est le seul système économique qui marche, mais ses dérives actuelles sont très inquiétantes et rendent nécessaires une réforme qui ne peut être que politique.
Quelques extraits de la vidéo:
"Ce que les gens pensent dans le monde (ref. sondage international): le capitalisme est irremplaçable, mais il faut le règuler. La France fait exception, on y pense majoritairement que le capitalisme est une mauvaise chose." Je ne sais pas qui on a interrogé dans ce sondage mais l'auteur nous dit qu'il a été réalisé dans des pays développés et ceux dits en voie de développement.
"Le mal français c'est qu'il y a encore une présence très forte d'une idéologie de la disparition du capitalisme. Le débat français n'est pas engagé sur ces sujets. L'idéologie socialiste c'est qu'il faut jeter le capitalisme, or, on ne répare pas sa voiture si on veut la mettre à la casse. L'attitude française de refus rend le débat difficile"