Par philmouss, à 15:38 le 25/04/2008.
Alors que les menaces écologiques se font de plus en plus pressantes, on peut s'étonner du léger des solutions qu'on prétend y apporter, pas du tout à la hauteur des enjeux et sans une véritable vision globale. Au lieu d'une écologie-politique collective et réaliste, on nous vend plutÎt habituellement une écologie individualiste et moralisante, que ce soit dans sa version religieuse ou libérale, mais, en dehors de quelques marginaux, il n'est jamais question, ou presque, d'une véritable alternative au productivisme qu'on impute à l'avidité humaine plus qu'au systÚme du profit.
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Un autre point, qui n'est pas du tout pris en compte par l'Ă©comoralisme ni par l'Ă©co-Ă©conomie, c'est l'indispensable humanisation du travail. Il faut le rĂ©pĂ©ter, ce n'est pas tant du cĂŽtĂ© de la consommation qu'il faut prendre le problĂšme, mais du cĂŽtĂ© de la production, de l'Ă©panouissement du travailleur et de sa valorisation. C'est un vĂ©ritable retournement et la clĂ© de l'alternative. De plus, et contrairement aux technophobes qui croient pouvoir accuser une technique impersonnelle de tous nos maux, c'est bien lĂ qu'il faut tirer parti de la dĂ©matĂ©rialisation du travail, du passage de la force de travail Ă la rĂ©solution de problĂšmes valorisant le travail autonome et permettant de sortir du salariat (de la dĂ©pendance emploi/consommation). Pour avoir la possibilitĂ© de se passer du salariat et que le travail autonome ne soit pas rĂ©servĂ© aux classes supĂ©rieures, il y a absolument besoin d'un revenu garanti et de toutes les institutions du travail autonome (coopĂ©rative, financement, formation, assistance). Dans cette optique de dĂ©veloppement humain et de qualitĂ© de la vie, il faudra favoriser aussi les techniques conviviales et de meilleures conditions de travail pour les salariĂ©s eux-mĂȘmes. En amĂ©liorant ce qui constitue une grande partie de notre vie, nous rĂ©duirons l'inhumanitĂ© du monde et le besoin de compensations marchandes plus sĂ»rement que par la culpabilisation individuelle. Changer le travail, c'est changer la vie et, en changeant les modes de production on changera complĂštement les modes de consommation. Reste Ă savoir comment faire.
article Jean Zin